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Un singulier bien-être

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Un singulier bien-être

Message  V.V.W le Dim 18 Juin - 0:54

Oh… Que m’arrive-t-il ? Plus aucun bruit

La vision se fige devant un négatif orange et noir
Véronique ne bouge plus, seul son beau sourire …
Mes jambes semblent absentes
Instinctivement, j’essaie de m’asseoir par terre.
J’entends des bruits de pas au loin
Puis plus rien, seul le bruissement des feuilles dans le vent.

Quelques instants plus tard, je suis assise dans une pièce
Le mobilier est sommaire juste une table rectangulaire
Et quatre chaises trois pour eux et une pour moi
Suis- je à l’infirmerie ?...
Je ne me sens pas en grande forme, et les gens devant moi sont juste des formes évanescentes et nacrées, le contour est flou…
Je les entends parler mais ne distingue pas le son de leur voix, cependant leurs mots sont dans ma tête… Suis-je folle ou juste groggy ?

Après un instant de panique, la sérénité m’étreint et une grande douceur se répand dans mon corps… Je suis juste bien et en harmonie avec le lieu et moi-même.

Je capte enfin une phrase complète… « Tout va bien se passer »
Cette simple phrase semble me réveiller… Comment tout peut-il bien se passer, Mon Magnifique va mourir ? Ils me répètent « Tout va bien se passer… »

Et je me réveille au sol, des pompiers autour de moi…. « Putain, le deuxième tensiomètre ne fonctionne pas !!! Ni le défibrillateur !!! » … Je cligne des yeux, l’un d’entre eux me regarde intensément en me demandant de répondre à la fameuse question : « Vous allez bien ? Si vous ne pouvez pas parler, serrez ma main » je sens effectivement sa main dans la mienne mais je ne peux ni parler ni serrer alors je me souviens de la sérénité passée et je désire la retrouver… « Elle part à nouveau !!!!»

Oh oh oh oui… Je suis partie pour retrouver ce lieu étrange dans lequel je me sentais si bien….
A nouveau à table, les formes me redisent « Tout va bien se passer, il est temps… » Et me revoilà dans le brouhaha et l’affolement environnant… Je serre alors la main qui ne m’a pas lâchée, j’ouvre les yeux, leur souris : « Je vais bien »
Le tensiomètre marche correctement maintenant, dans un fauteuil roulant, ils me conduisent à l’infirmerie …
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V.V.W

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Un singulier parfum

Message  V.V.W le Dim 18 Juin - 14:38

Leur représentation floue reste gravée dans ma mémoire ; je les vois toujours sous des formes évanescentes légèrement nacrées. Pourtant lorsque je me replonge dans cet évènement de ma vie, un détail remonte systématiquement vers ma conscience… une odeur. Pas n’importe quelle odeur, celle d’une rose dont la flagrance s’assimilerait au parfum délicat des roses anciennes ; avec cependant un petit quelque chose de différent…. Des nuits entières, j’essaie désespérément de retrouver les mystérieux effluves. Lors d’une déambulation nocturne dans mon jardin, en ce mois de juin, j’interromps ma promenade et je ferme les yeux… fleurs de grenadier…. La grenade est un des composants … et l’autre m’apparaît soudain si clairement … un miel d’oranger….

Heureuse de ces découvertes, je suis la première au travail le lendemain matin et je dérobe des essences naturelles de rose, de grenade et de l’éthanol absolu ; quant au miel d’oranger j’en suis friande et un pot trône toujours en bonne place à la maison… Je termine très tôt et aménage la cuisine en petit laboratoire… Je suis fébrile de préparer l’odeur qui ne me quitte plus. Je relis le petit bout de bout de papier sur lequel j’ai noté tous mes ressentis olfactifs...
Le plus contraignant est de distiller le miel mais fort heureusement mon métier permet de pallier ce procédé de manière simple et rapide… Maintenant je possède les trois essences tant désirées. Trouver le pourcentage de chaque ingrédient demande de la rigueur dans le tâtonnement puisque je ne dispose que de 3 ml de chacune d’elles… Plusieurs heures sont nécessaires à déterminer le dosage final… Eurêka, j’y suis arrivée… La touche finale, la dilution de ce cocktail extrêmement puissant par de l’alcool que j’ajoute goutte à goutte. Plusieurs heures plus tard, dans un flacon de verre ambré, j’admire ce liquide et pour mon grand plaisir, j’entrouvre le bouchon afin d’humer cette quintessence… Parfait !!! Ce parfum ne touchera pas ma peau, ce serait sacrilège ; il est bien trop précieux. Cependant, il restera près de moi ; dans mon sac durant la journée et sur ma table de chevet le soir et je ne le respirerai qu’avant de m’endormir.

Bientôt ma chambre embaume subtilement et mes rêves deviennent merveilleux… puisque je vole toujours plus près des étoiles et très loin de notre monde, parfois même je ne vois plus cette balise bleue ; ni le froid, ni le manque d‘oxygène ne semblent perturber mon bien-être, celui-là même que je ressentais assise à leur table. Le matin, à mon réveil, j’ai pris l’habitude de noter les détails de mes rêves que je mêle à mes tableaux… Dix années aujourd’hui que je peins et sept que je mets mes œuvres en ligne sur un site spécifique où chacun peut commenter et questionner. Depuis peu, je subis une cabale de certains membres du site mais je n’en ai cure… Je regarde mes œuvres de manière chronologique pour en apprécier l’évolution… La naissance d’un univers est celle que je trouve exceptionnelle de couleurs et de puissance. Au moins, je rêve en couleurs ; je souris à cette idée puisque mes créations émanent directement d’une embrassade avec Morphée. Pour être au plus près de mes images de la nuit, mon atelier est installé dans ma chambre dont la fenêtre est toujours ouverte pour conserver une vision perpétuelle des cieux… je jette un coup d’œil aux commentaires sous ce tableau et outre les questions techniques et les ressentis, il est un commentaire totalement incroyable que je relis plusieurs fois afin de comprendre sa lecture :
« Une peinture d’une artiste médiocre qui se décrit libre …. Mais sa liberté n’a point de limite puisqu’elle plagie sans vergogne les photos prises par Hubble… Une honte !!! Je joins à ma demande de retrait de cet imposteur, la fameuse photo ».

Effectivement, elle représente ma toile à quelques nuances de couleurs près. Je sais pertinemment que je n’ai rien copié et je me sens à la fois légère par ma bonne foi et franchement hésitante sur la réponse à apporter… que je ne peux poster puisque le site me refuse dorénavant le droit d’entrée… Je suis atterrée… Un accusateur, une sentence mais aucune plaidoirie et maintenant ni aucun recours puisque j’ai signé cette charte stipulant qu’un membre viré s’engager à se plier à la décision de son renvoi sans tenter la moindre poursuite. Un choc puis finalement peut-être un signe… un moment de changement ? Je décide donc de m’abstenir d’internet et de continuer à louer mes toiles pour quelques manifestations… plus de publicité, plus de passages et assez d’argent pour acheter toiles, peintures, vernis, pinceaux…. Donc un mal pour un bien…

J’oubliais rapidement cette « plaisanterie de mauvais goût » jusqu’au jour où des policiers viennent me chercher sur mon lieu de travail. Abasourdie et sous les regards incrédules de mes collègues, me voilà escortée au commissariat central de Toulouse pour un interrogatoire initial… Quel crime puis-je avoir bien commis ???? Ma curiosité l’emporte sur une certaine anxiété et enfin j’ouvre ma bouche en questionnant sur la raison de ma présence dans ce lieu. Quelle n’est pas ma stupéfaction d’entendre :
« A la suite d’une plainte de la NASA, Washington DC, USA…. »

Je n’écoute pas la suite, mes neurones sont focalisés sur ces quelques premiers mots. Sans réaction, je ne peux que m’assoir sur la chaise glissée fort heureusement derrière moi. Cependant ma curiosité légendaire reprend le pas sur la surprise et j’entends enfin les mots du commissaire me demandant à la fois si j’acceptais de répondre à certaines questions devant des Américains et si je voulais être assistée…. Je souris en répondant oui pour les premiers et non pour l’assistance… Finalement, je redeviens à l’aise lorsque je comprends que mon soi-disant plagiat est la cause de tout ce branle-bas de combat…. L’entretien n’étant qu’initial j’ai bien l’intention qu’il soit aussi final… Alors je coupe court au monologue abrutissant du commissaire et enfin je m’exprime…

« Ce tableau qui vous pose un problème est bien plus vieux que la photo prise par Hubble, c’est une huile avec un certain vernis … je vous propose d’analyser leurs constituants et en fonction du % de certains composants des experts pourront déterminer à quelques mois près son âge. Si cela ne vous suffit pas, il existe une vidéo sur internet, l’interview d’un éminent astronome, invité au congrès annuel de l’association « Quand l’imaginaire rencontre les étoiles » et vous verrez ma toile en arrière-plan… si cela reste insuffisant alors il reste sur mon ordinateur les photos de la progression de cette peinture… Ne soyez pas perplexes, ces photos me permettent d’expliquer la technique employée ; j’ai fait de même pour une aquarelle et une sanguine/cendre….Je résume j’ai peint cette toile il y a maintenant 26 mois, six mois après je la prêtais pour ce congrès et six mois plus tard, elle fut exposée dans la salle de la culture de mon village… vous pourrez aussi vérifier ce fait auprès des archives de la mairie qui conserve bien évidemment une trace du journal local dans lequel mon tableau y figurait… Cela vous parait-il assez pour un entretien initial ? »

Le commissaire bafouille quelques mots tandis que les américains restent sceptiques en me regardant fixement. S’ils pensent me décontenancer c’est manqué… Je les apostrophe à la surprise générale ; l’attaque et souvent la meilleure défense.
« Dans les jours qui viennent, je porterai peut-être plainte contre votre compagnie pour la vaste escroquerie des photos prises par le soi-disant télescope spatial. Puisqu’il n’existe aucun plagiat de ma part, il ne reste que peu d’explications dont une est la contrefaçon des photos. J’entrevois une brèche pour vos détracteurs… Entre autres… »
J’aperçois un petit rictus de surprise, intérieurement je jubile… L’un des américains s’exprime :
- Si ni vous ni nous avons plagié alors ??? »
- Alors il s’agit d’un coïncidence ou j’ai un don de vision »

Ma confiance grimpe de manière exponentielle, il est hors de question que je quitte ce lieu sans avoir eu confirmation de la vérification de mes dires. Je suis dirigée vers une sinistre salle d’attente inconfortable. Il est 20h ; depuis 15h je suis ici et la chaleur est insupportable, Je demande à ouvrir la petite fenêtre ; ouf accepté. Je m’assois face à cet air frais en sortant mon calepin et les yeux rivés vers le ciel, je dessine… A 23h, les américains débarquent dans cette salle avec un sandwich et une boisson. Tks a lot… Ils s’assoient silencieusement près de moi et l’un d’eux lorgne mon calepin ; je souris et je le lui tends ; il semble conquis… il le feuillette et son visage vire au rouge confus…. Ahahah… mon essai de nue... L’atmosphère se détend …

Minuit ! Nous devons encore attendre et par habitude, je glisse ma main dans mon sac afin d’entrouvrir le flacon de parfum et le refermer. L’odeur de rose, de grenade, teintée de miel s’en échappe et se répand dans la salle. Quelques instants plus tard, je ferme les yeux avant de m’endormir….. Je vole à nouveau dans les cieux en m’amusant dans un champ de météorites ; mon jeu est de les éviter ou de m’installer sur l’une d’elles… Le spectacle est grandiose lorsque les étoiles filantes bien plus hautes zèbrent l’obscurité du cosmos ; je ne perds aucun détail.

Je me réveille un peu plus tard et je me rue sur mon calepin à défaut de toile pour dessiner au mieux mes souvenirs… J’ai totalement oublié les Américains et l’endroit dans lequel je me trouve. Je les sens derrière moi. Il me faut un certain temps pour redonner vie à mon rêve puis je lève mon stylo. J’entends la voix au léger accent anglo-saxon me dire que je ne suis pas entièrement fidèle à ma vision puisqu’il manque un ensemble d’étoiles vertes au-dessus de notre météorite. Effectivement, j’ai oublié cette autre source de lumière, je le remercie et complète le dessin… Soudain, je me retourne vivement et mes yeux rencontrent ceux des deux hommes… Nous avons partagé le même rêve, c’est une évidence.

Le plus âgé me tend une enveloppe cachetée, je l’ouvre fébrilement : les dernières photos de Hubble ni répertoriées ni divulguées… Je frisonne sur l’une d’elles : il s’agit de la photo d’une météorite isolée éclairée par la lumière d’une constellation de milliers d’étoiles vertes, et entourée d’un cercle de feutre rouge avec une simple note : ??? Dans son centre, je peux distinguer sans difficulté l’ombre d’une femme et de deux hommes…


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Un singulier séjour

Message  V.V.W le Mar 11 Juil - 1:10

Grande suite au Sofitel DC…
Je n’ose pas m’assoir ni m’allonger, pourtant je dois me reposer sans m’endormir… Je prends le parti de défaire alors mes deux valises ; l’une avec mes vêtements et l’autre, celle de mon atelier de peintre portatif. Je souris en pensant aux longues palabres pour obtenir une suite avec une terrasse sur laquelle un revêtement spécial anti peinture devait être posé mais pour ceux qui paient tout est toujours possible ; surtout lorsque le client s’appelle la NASA et pourvoit à tous mes frais pendant mon séjour américain.
Avant de débuter les tests auxquels j’ai donné mon accord par curiosité, j’ai négocié une visite de la ville en compagnie de deux chaperons… Lou et Mac, mes amis depuis quelques mois, à la suite de notre rêve commun. Cependant je ne suis pas dupe non plus de leur attachement et fidélité à leur employeur. A vrai dire, ce détail a peu d’importance à mes yeux.
Après quelques jours entre restaurants réputés et visites, voici le jour J de ma première entrée dans ce sacrosaint lieu de l’étude de l’Univers…
Waouhhhhhhhhh !!! Je n’imaginais pas un instant la ville qui se cachait derrière ce sigle. Un vrai bonheur pour moi qui conserve à la fois mon penchant scientifique et mon âme d’enfant.
Il existe même un hôpital, un lieu multi cultes, plusieurs restaurants, une bibliothèque extraordinaire outre les laboratoires dans presque toutes les disciplines ; des mathématiques à la médecine nucléaire en passant par chimie, biochimie, biologie, microbiologie, électronique, robotique, nanotechnologie etc… Incroyable, je suis sidérée et épuisée de cette journée de visite mais à la place de retourner à l’hôtel, je m’installe dans l’appartement expérimental où mes affaires m’ont précédée. Ma nuit est calme et je m’endors avant de toucher le lit…
Ce matin, à jeun, prise de sang suivi d’un check up complet de mon individu : biopsie de peau, observation de mon squelette par scanner et IRM… ouf !! Tous mes organes sont en place et fonctionnent à merveille… Après un brunch, un entretien psychologique avec tests à l’appui et sensibilisation de mes cinq sens… Je me régale des petits rictus de surprise que suscitent certaines de mes sincères réponses... En attendant les résultats, je suis amenée dans une pièce reconstituée pour l’occasion ; elle est semblable à la salle d’attente du commissariat de police de Toulouse et c’est ici que je patiente en compagnie de mes deux américains avec un sandwich et un soda. Cependant au bout de quelques minutes, je me sens oppressée et presque à la limite de la suffocation et même une ouverture rapide de mon flacon toujours caché dans mon sac ne me procure aucun bien-être durable… Un coup d’œil et je devine la cause de ce malaise… Aucune fenêtre !!! Lou et Mac voient mon malaise grandissant et me sortent rapidement dans le couloir ; là je leur explique que le manque d’ouverture dans un lieu où je ne suis pas occupée est toujours source de cauchemar. Ils en réfèrent à qui de droit… Puisque je n’ai pas rêvé la nuit dernière, ils me ramènent au Sofitel dans ma chambre truffée de caméras, de micros et de capteurs diverses et variés. Oui, j’ai approuvé toute ce chasse-intimité … J’ai sincèrement un besoin de savoir ce qui m’arrive mais ce besoin je le cache en prenant toujours un air détaché mais aussi légèrement ironique. Personne ne doit connaitre mon envie sinon ils auraient de l’emprise sur moi et cela est hors de question.
La nuit ressemble ici à celle de chez moi, excepté les électrodes qui sont posées sur ma tête et mon torse. Après un sommeil profond, je me rue sur la terrasse pour peindre ma vision nocturne… aucune planète cette fois, juste l’image d’une île possédant une source centrale d’où partent quatre ruisseaux vers les quatre directions… C’est magnifique est reposant ; je pourrais presque encore entendre le bruit d’un torrent de montagne dans un paysage de forêts équatoriales…
Je m’habille rapidement les deux loustics sont déjà là et emportent le matériel disposé dans ma chambre. Dorénavant, je m’installe dans un petit appartement avec fenêtre au sein même de la NASA et mon atelier portatif est installé près de mon lit non loin d’une fenêtre ouverte sur une cours intérieure… Perfect !!!
Lou me guide vers la première pièce du laboratoire de Hubble….. Extraordinaire ici sont rassemblées toutes les photos prises par le télescope et celle qui représente mon tableau est épinglée au mur à côté de ma toile prêtée à la NASA. Je reste sans voix. Spontanément je me dirige vers une photo, première d’une pile et je l’accroche sur un tableau blanc puis je dessine des étoiles, un soleil, des planètes tout autour. Il me semble que mon feutre noir s’anime dans mes doigts et essoufflée de ces quelques minutes, je le pose en m’éloignant pour mieux appréhender la perspective. Autour de moi, c’est le silence et Mac me donnent les autres photos de la pile… Je suis stupéfaite encore une fois… Toutes ces photos représentent l’ensemble de la petite galaxie photographiée par Hubble, pratiquement identique à mon dessin additionnel.
L’atmosphère change radicalement et je sais qu’à partir de cet instant, je ne suis plus une potentielle affabulatrice mais une personne dont les perceptions sont mystérieuses. Cette transformation me ravit et m’effraie. Je me sens totalement épuisée cependant, je suis curieuse de la suite des opérations.
Ils visionnent la vidéo de mon sommeil, de mon réveil, de ma peinture mettant en parallèle mes tracés encéphalographique et cardiaque. Rien ne paraît anormal à l’exception de cet arrêt de quelques secondes de l’électrocardiogramme et de l’électroencéphalogramme. Maintenant, ils discutent rapidement entre eux et se détournent de la vidéo pour étudier de plus près les deux courbes.
Je suis exténuée et je m’installe un peu au calme dans le grand fauteuil près de la fenêtre entre ouverte. Instinctivement pour trouver un peu de quiétude, j’ouvre rapidement le flacon de parfum avant de m’endormir dans son effluve. Lorsque je me réveille, je file vers le tableau et dessine à nouveau mon songe. Une fois fini, je me retourne et… Techniciens, ingénieurs, docteurs, Lou et Mac dorment tous. Oubliant totalement ma peinture, je les observe un moment jusqu’à leur réveil commun…Ils sont émerveillés et totalement hagards. Je n’ai besoin d’aucune explication pour savoir que nous avons tous partagé le même rêve.
Nous passons en silence dans une salle de réunion adjacente ; soudain, c’est la cacophonie, tout le monde parle en même temps n’écoutant même plus son voisin et je ris devant le manque de selfcontrol de ces hommes aguerris à l’observation et au débriefing organisé… Personne ne fait cas de ma présence et je retourne visionner à nouveau la vidéo de l’hôtel. J’ai bien vu où se situait le bouton start/stop mais je cherche celui du zoom… il y a un passage qui m’interpelle… Je le repasse encore et encore… Je ne suis pas certaine que mon imagination ne me joue pas des tours. Je dois en avoir le cœur net. Je me doute que toutes les pièces sont en permanence sous surveillance, je dois me procurer les images du sommeil commun. Je pénètre dans la salle de réunion et devant mon air grave, ils se taisent attendant mes paroles.

- Lou, j’ai besoin de la vidéo de notre sommeil et rêve commun. S’il te plait, le plus rapidement possible.
- Tu as trouvé quelque chose ?
- Il se pourrait, je n’en suis pas certaine.
Dans le quart d’heure suivant, nous sommes tous autour de l’écran et ...
- Stop… Zoomez au max, repassez et enregistrez

Oh le même détail que sur la vidéo de ma nuit… Eux ne voient rien. Mon œil de peintre a une particularité, celle de la perception du détail et des nuances de couleurs. Je leur désigne une petite tâche bleue au-dessus de moi et qui l’image suivante se retrouve près de la fenêtre. Ils sont sceptiques ne la distinguant qu’à peine. Alors, je demande le fichier de la fameuse photo du pseudo plagiat. Sans hésitation ils zooment au niveau des trois ombres… Moi, je les repère tout de suite et eux essaient de se persuader d’artéfacts… Alors maintenant passons à la vidéo de surveillance de la salle témoin de notre sommeil collectif…
Là lorsqu’une quinzaine de petites tâches s’agglutinent près de la fenêtre avant de s’élancer, l’auréole bleue formée ne peut passer inaperçue… Ils passent en revue toutes les photos de Hubble pour comparer avec celles de mes tableaux via un logiciel. Je suis fatiguée et il me tarde de me retrouver dans mon appartement… Lou m’accompagne et nous discutons un peu… comme deux amis cependant ma petit voix intérieure me recommande d’écouter mais de ne plus parler … je suis ce conseil… Il me fait une bise près de l’oreille et me chuchote : « Ta grand-mère ne s’était pas trompée sur ton surnom »…. A l’énoncé de cette phrase, je frissonne … Je suis contente de savoir fermer ma bouche. Au moins, je sais maintenant que l’enquête sur moi est des plus poussées. Je ferme la porte, j’éteins et je m’installe dans un fauteuil afin de penser à la manière d’agir en fonction de leurs futures investigations.
Le lendemain branlebas de combat, direction breakfast dans la salle de débriefing… Et là, j’hallucine en entendant les différents commentaires…
Ils spéculent sur la possibilité de séparation de l’âme du corps, de pouvoir se laisser transporter dans d’autres galaxies et la manière de diriger ce voyages puis j’entends que si cela s’avère possible alors comment coloniser d’autres planètes et … Stop !!! Je ferme les yeux et les oreilles… Ils ne connaissent rien au processus, rien sur ce que sont ces tâches bleues que déjà j’entends parler de colonisations et transports des âmes dans d’autres corps, de réguler les maladies etc… Pourquoi l’homme se conduit-il toujours comme un conquérant ? Sans la moindre humilité ? Sans s’apercevoir du divin caché en chacun d’entre nous ?
Je ne rêve plus et je me débarrasse de mon atelier portatif ; il ne me servira plus jamais; ils ont cassé ou j’ai cassé ce lien avec l’Univers. Je reste parmi eux encore un mois mais maintenant de moi, ils n’obtiendront plus rien puisque j’ai perdu mon don. Après 40 jours passés aux Etats Unis, enfin me voilà chez moi, dans mon lit… et j’ouvre mon flacon fermé depuis plus d’un mois… mais cette fois, et pour la première fois, je l’applique sur ma peau…
Je me vois quitter mon corps et je le regarde dormir avant de me demander la direction que je vais prendre… alors je pense à…
Jamais je n’aurais imaginé me baigner dans l’un des cours d’eau de cette île paradisiaque et discuter avec un être assis sur la rive dont les ailes majestueuses sèchent déployées dans les rayons d’un soleil vert, et pourtant… L’Univers réserve encore bien des surprises à ceux qui ont la Perception…
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Une singulière révélation

Message  V.V.W le Sam 15 Juil - 10:28



Hier soir, lors de mon passage sur l’île, j’ai découvert un fait étrange: l’ange ne discute pas avec moi mais c’est moi qui poursuit un monologue. Lui est clôt dans un mutisme intriguant, me fixant intensément avec un doux sourire. Je me demande si son silence ne me pousse pas à parler sans cesse pour éviter une conversation. Cette constatation me fige un instant avant d’enfermer le parfum dans le fond tiroir et de prendre la décision de tenter d’appréhender la situation ; je ne reviendrai vers lui que lorsque l’état de confusion qui règne dans mon être sera éliminé.

Mes neurones redeviennent actifs et je rassemble mes notes avec les photos, les vidéos, les tracés récupérés de mon séjour américain. Je les compulse afin de trouver le fil conducteur tout en faisant abstraction, dans un premier temps, du parfum. J’observe les photos agrandies de ces tâches bleues : Il y en a une au-dessus de moi qui se déplace vers la fenêtre ; celles au-dessus de nos ombres sur cette étoile et enfin l’ensemble de la quinzaine de tâches formant alors une auréole bleue prête à s’élancer par la fenêtre. Plus je réfléchis plus j’ai envie de les appeler les Mystérieuses ignorant encore si le terme « âmes » est judicieux ; pourtant les américains ont employé ce mot spontanément. Je souris à la pensée des mots de Lou au téléphone ; « Nous tentons vainement de renouveler l’expérience, aurais-tu une idée de ce qui cloche ou manque ? » Non, aucune idée pour l’instant si ce n’est qu’ils n’ont pas soupçonné le cœur de cette magie… Le parfum…

Incroyable, ce monde cérébral : un mot, un autre mot, un lien, une pensée…

Cœur que j’associe immédiatement à tête et voyage ; l’image se dessine : un pilote, une voiture, un trajet. Je sens mon rythme cardiaque s’accélérer sous l’afflux de sang provoqué par cet assemblage et j’entends le battement de mon cœur… Le voilà le carburant… Le sang.

Je tiens enfin mon point de départ :

- Le corps s’assimile à une voiture dirigée par un pilote qui actionne la machine via le moteur alimenté par le liquide énergétique.



Et là je me souviens d’une citation de Shovnigorath :

« La vie est un corps loué au prorata d’un séjour.

A la fin de celui-ci, on doit le rendre chez Earth. »



Si je détiens un axiome de départ, je dois déterminer le sens de ma démarche profonde. Après quelques minutes d’intense réflexion, mon chemin apparaît : déterminer le pilote et expliciter le processus. Oh !!! J’éprouve un certain vertige devant la démarche colossale et qui suis-je pour essayer de déterminer ce qu’est l’âme ? Juste une simple humaine lambda. Je me sens totalement dépassée par la tâche. Finalement, ma curiosité me susurre que si je ne le tente pas, c’est certain que je ne saurai pas. Vrai, alors je m’efforcerai d’avancer et si je cours vers l’échec, je n’éprouverai aucun regret. Plus légère je replonge dans mon cheminement avec envie.



Le pilote est extérieur à tous les mécanismes du véhicule donc l’âme devrait être étrangère aux concepts du corps donc aux concepts humains. Aïe, dans quel guêpier, j’introduis mes neurones et synapses ? Je prends donc le parti de ne me laisser influencer par aucune lecture pour permettre une plus large liberté à ma pensée. Cependant, le constat de ne plus m’attacher ou presque --- à des références purement humaines m’effraie… Un doute m’étreint, sur quoi vais-je pouvoir m’appuyer… les sciences régies par les mathématiques, certainement un langage universel. Je me sens perdue mais rassérénée par une approche qui ne m’est pas totalement inconnue. Je me dirige alors vers une interprétation plus scientifique en n’oubliant pas le paramètre essentiel … L’imagination…



Je répertorie les phénomènes qui me paraissent totalement universels: les cycles et les vibrations. Les cycles puisque la nature elle-même est un cycle et issue de l’univers, elle doit reproduire à son échelle ce qui se déroule dans la structure primaire. Les vibrations car les ‪trois mondes (minéral, végétal et animal) émettent des vibrations ou ne sont peut-être que vibrations.



Je ne peux pas m’éparpiller alors j’utilise le postulat du corps (machine), du moteur (cœur), du pilote (âme) et du carburant (sang) en me détachant du paramètre temps de notre monde qui n’est inhérent qu’au nôtre. Pour cela, cela je ne me base que sur des faits émanant d’extrapolations des documents en ma possession :

- L’arrêt du commandement (la sortie de l’âme du corps) laisse le véhicule à l’arrêt (platitude des tracés encéphalographique et cardiaque).

- La durée de cet arrêt n’a pas de commune mesure avec mon ressenti d’observation assise sur le météorite à regarder le ballet d’étoiles filantes. Ce dernier semblait bien plus « long » que les quelques secondes enregistrées sur les deux tracés.



Bon je passe à une autre observation que j’extrapole de la même manière. Sur la vidéo de ma chambre, je distingue la tâche bleue au-dessus de moi puis elle se retrouve devant la fenêtre et entre impossible de l’apercevoir. Pour celle du sommeil commun, juste l’auréole avant le départ vers le ciel, à aucun autre moment je ne les vois. Si au maximum de zoom de l’appareil de la NASA personne ne peut les entrevoir avant la fenêtre alors c’est qu’elles sont invisibles à notre vision.

J’associe cela aux ailes du colibri lorsque devant une fleur il se met en position statique juste avec le battement de ces ailes que parfois nous ne percevons qu’à peine. Ces battements sont des sortes d’oscillations et si ces oscillations sont rapides alors il s’agit de vibrations. En accélérant la vitesse, les ailes seraient invisibles à notre regard. Ma petite voix intérieure me chuchote que la voie empruntée n’est pas mauvaise et que je dois encore étirer au-delà puisque je ne dois pas rester enfermer dans mes pensées humaines.

- Si tout vibre, alors une pierre vibre si doucement que pour nous qui vibrons plus vite elle nous parait immobile ; alors il se pourrait que le monde minéral n’aie aucune conscience de notre existence puisque nous serions invisibles à leur perception. Pour leur apparaitre et pour nous même percevoir leur vibration, nous devrions abaisser notre fréquence de vibration.

- Si cette âme peut moduler d’elle-même sa fréquence de vibration alors elle a la possibilité de percevoir tous les mondes réels à nos yeux et ceux pour lesquels nous sommes aveugles.

Pour animer son véhicule, elle doit vibrer de manière similaire et se mettre au diapason. Donc dans le corps, elle ne peut percevoir que le monde réel perçu par le corps qu’elle occupe mais en dehors elle peut enfin donner libre court à sa nature modulatrice.



Je continue sans plus de limite… Sachant que tout corps vibre d’une manière unique sauf soumis à un apport d’énergie qui donne une excitation et fait passer alors les électrons dans un état supérieur et que lorsque l’apport cesse l’électron revient dans son état initial (ok encore un concept humain mais je vais aller plus loin) si l’âme a la faculté de vibrer à toutes les fréquences de manière autonome alors elle est la seule à pouvoir percevoir tous les mondes…donc tout l’univers. Je poursuis avide sur ce chemin qui me parait finalement limpide… Si le pilote était plus volumique que la place à l’intérieur du véhicule alors il déborderait et ce reliquat extérieur pour garder au mieux le contact avec sa partie intérieure entourerait le véhicule mais vibrerait à une fréquence légèrement supérieure puisque non assujetti totalement au corps. Ce cocon invisible représenterait alors ce que certains humains appellent l’aura et lorsque l’âme quitte le véhicule elle emporte avec elle cette aura et redevient complète. Je souris en repensant à ces fameux 21grammes. Je me demande alors pourquoi certains humains peuvent distinguer cette aura alors d’autres perçoivent les mondes qui l’entourent… et encore une fois mon imagination m’offre une explication en supputant qu’un fifrelin de cette vibration extérieure trouve une brèche dans le véhicule et s’y engouffre. Ce plus n’a pas besoin de commander la machine puisque le pilote négocie déjà alors elle est libre de vibrer juste un peu plus rapidement permettant au véhicule d’augmenter légèrement son panel de perceptions, en ajoutant à la perception rationnelle (celle provenant du cerveau et de sa mémoire collective et individuelle humaine) la perception subtile (celle de certains mondes invisible).



Je ne veux plus m’arrêter … Les âmes animent tous les corps et elles sont identiques puisqu’elles sont toutes autorégulatrices et si elles sont identiques alors elles proviennent du même moule mais pour que des petits gâteaux soient totalement identiques alors ils proviennent de la même cuisson, de la même pâte, de même four, en un mot ils sont alors des morceaux identiques d’un même gros gâteau… cela ne peut être autrement. Donc il s’agit d’une fragmentation d’un tout… si je pousse le raisonnement encore plus loin alors cette fragmentation qui appréhende la totalité de l’univers actionnerait tous les corps quel qu’ils soient se mettant au diapason de leur résonnance vibratoire ou ondulatoire et lorsque le véhicule est trop vieux ou endommagé alors l’âme le quitte pour rejoindre par appel d’harmonie son gâteau pour reformer le tout avant d’occuper un nouveau véhicule.



Ma voie intérieure est heureuse de ce développement… il reste cependant incomplet et oui maintenant je vois l’importance primordiale du parfum… Il est le vecteur d’excitation celui qui ordonne à l’âme de rejoindre le tout mais le véhicule n’est pas défectueux et le parfum pas assez puissant pour permettre à mon âme de se maintenir en état d’excitation alors elle revient en son état initial… mon corps. Et comme mon corps n’est ni endommagé ni trop vieux alors il se passe un phénomène supplémentaire mon âme est encore empreinte de ma conscience et de son lien avec moi ; elle partage avec moi certains ressentis et sa vision à son retour de son voyage.

Totalement incroyable !!!!



Ce soir, j’ouvre à nouveau le flacon et je la laisse me quitter… Elle se retrouve près du cours d’eau mais elle observe elle n’est pas dans le cours d’eau mais au-dessus de lui, et ne voit aucun reflet mais juste une ‪évanescence de couleur légèrement bleue…

Elle est une vibration ondulatoire. Etonnament, l’ange, toujours présent sur cette rive replie ses ailes pour s’adresser à elle …
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V.V.W

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Un singulier pluriel

Message  V.V.W le Mar 15 Aoû - 3:16

- Âme, tu nous surprends par tes allers-retours. Quand te décideras-tu à nous rejoindre ? Nous sentons un subtil changement dans ta nature et comme cela ne se peut, tu nous intrigues.

La voix de l’ange ressemble à un chant d’oiseau sortant de multiples gosiers, conférant une profondeur à cette sorte de litanie. Mon âme émet elle aussi un son similaire mais provenant d’une seule source. Ce dialogue ne se résume qu’en vibrations et distorsions.

- Sœurs, ma condition ambigüe est provoquée par le fait que mon dernier véhicule est en parfait état de marche et donc je suis toujours liée à lui. Cependant, s’il m’héberge, il me permet de temps à autres, aussi des sorties.
- Voilà une situation qui nous échappe puisque ton hôte n’est ni malade, ni en transe mais qu’il permet au pilote quelques arrêts. Explique-nous !
- Mon corps hôte a créé un vecteur excitatif qui me donne la possibilité de l’abandonner. Ce vecteur est aussi ancien que son monde, il est odeur. Jusqu’à présent, il en respirait les effluves mais maintenant il l’applique sur son enveloppe perméable et son sang subit une délicate modification qui m’irradie d’une douce chaleur et provoque une brèche par laquelle il m’est aisé de jaillir. Inondée de cette énergie supplémentaire, je suis évidemment aspirée par le trajet de retour vers le tout auquel je ne peux m’associer puisque mon véhicule nécessite toujours ma présence.
- Singulier duo. La conscience de ton corps appréhende-t-elle la présence du pilote ?
- J’en suis la première surprise mais je crois qu’il s’ouvre petit à petit à une compréhension plus large et bientôt il effacera quelques concepts pourtant bien ancrés afin de se baigner dans une nouvelle source.
- Comment ce corps a-t-il pu fabriquer ce vecteur parfumé ?
- Il a été appelé pour un entretien et il s’est souvenu de l’odeur. Son odorat est entrainé par son métier.
- Appelé ??? Notre conversation se poursuivra à ton prochain passage. Tes sœurs te réclament mais nous comprenons qu’il n’est pas encore l’heure de ton retour. Tu commences à vibrer…

Je n’applique qu’une simple goutte et lorsque je m’endors je sens en premier un grand froid comme si une onde glaciale m’envahissait peu à peu des pieds à la tête. Cette fois mon réveil se différencie des précédents ; outre les images, je suis prise de vertiges ; attaquée par des sons qui me vrillent les tympans. Je reste immobile en respirant lentement, ces sortes d’acouphènes se calment puis se taisent enfin. Je tente de me lever du lit ; je suis stupéfaite aucun de mes membres ne répondent. Après la panique, je réfléchis un instant et mon cerveau est en effervescence. Les idées se croisent, s’entremêlent et aucun schéma ne peut sortir d’un pareil chaos. Toujours totalement figée, j’essaie de focaliser mon esprit sur un seul point que je dessine… la couleur bleuté. Juste une tâche bleue qui s’agrandit lentement, en un ciel, puis la couleur s’assombrit et l’univers s’ouvre lentement, m’offrant le spectacle de millions de petits corps glacés… puis du grand froid qui m’avait envahi lors de mon endormissement je ressens en cet instant un réchauffement progressif de ma partie supérieure et lentement je bouge mes mains et mes bras, j’entends mon cœur battre et le sang se dirige vers mes membres inférieurs. Il n’est pas le moment de me lever mais d’apprécier cette renaissance. A la pensée de ce terme, mon cerveau s’emballe à nouveau mais je le contrôle encore une fois, jusqu’à son apaisement. J’essaie de me redresser cependant je sais que je dois conserver cette position allongée et fermer mes yeux. Incroyable… j’entends à nouveaux les bourdonnements ; ils sont devenus harmonieux et me donnent l’impression que je peux les décoder… C’est alors que je visualise l’ange en face de moi et que je comprends la conversation entre lui et mon âme. Je reste en admiration devant l’impensable… L’âme est donc différente de la conscience et se trouve en dehors de mon cerveau… Un concept avec lequel j’ai beaucoup de mal et pourtant je me dois de l’analyser. Je ne sais par quel bout commencer…

Si l’âme m’est alléguée depuis toujours alors je dois chercher au commencement de la fabrication du véhicule : Je suis chair, os, sang et organes… mais plus profondément bactéries et cellules ; si je descends dans le temps, je proviens de quatre sortes de cellules souches indifférenciées… et encore plus tôt je proviens de la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovocyte… Dans quelle étape apparait donc-t-elle ? Encore une fois, je laisse libre court à mon intuition et mon imagination… Amusant, des millions de prétendants et seul un élu ; elles me poussent à penser que le spermatozoïde conquérant est celui qui est aidé par une alliée de poids dans son trajet incroyable… Donc elle choisirait son porteur et lui permettrait d’atteindre cet ovocyte si convoité. L’idée me séduit et à tout bien réfléchir, elle ne me parait pas aussi loufoque qu’initialement. Je ne cherche pas à connaitre sa provenance pour l’instant mais juste son installation et son interdépendance avec mon être. Si j’ose encore une suggestion, je dirais que l’humain est une trinité : esprit, âme, corps, avec des interfaces entre l’esprit et l’âme puis l’âme et le corps. Cependant ce raccourci ne me convient pas ; il est issu d’une pensée trop humanisée dont je dois me détourner puisque trop restrictive ; elle n’englobe pas la totalité de l’univers. Encore une fois, je tente de me défaire de ce carcan… Après de longues minutes, je retourne à la source et une nouvelle voie m’apparaît : Si l’âme est dans le spermatozoïde qui féconde l’ovocyte alors elle se retrouve dans le pronucléus mâle et lors de la conception du zygote avec le pronucléus femelle, elle se situe dans la toute première cellule, celle qui est à l’origine du placenta et de l’embryon. Je m’arrête… Ô émerveillement… L’âme est nichée dans toutes les cellules, les souches et les différenciées. Un déclic se produit en me référant à une découverte très récente du CERN : « …les pierres sont des organismes vivants avec un système organique différent des modèles vivants connus (animal et végétal) » Les trois mondes de notre planète sont constitués de cellules vivantes donc ils sont vivants … les trois mondes sont pourvus d’âmes. Je suis anéantie par cette extrapolation et je ne ressens plus le besoin de bouger. Toujours allongée dans mon lit, je me contraints à réfléchir moins rapidement.

Si toutes les cellules sont le refuge de l’âme alors je commence à comprendre le processus du parfum. L’odeur est captée par l’épithélium olfactif dont les cellules transmettent l’information de manière électrique au système nerveux central… oh quand la chimie rencontre l’électricité, je peux alors me replonger dans les cours traitant des neurones, des dendrites et des synapses. Ce qui m’intéresse n’est pas tant le processus de propagation de l’information mais celui des neurotransmetteurs qui se déversent dans le sang, liquide nourricier qui irrigue tout notre corps.
Je suis absolument certaine que ce parfum provoque la sécrétion d’un ou plusieurs neurotransmetteurs qui agissent de manière violente sur mon organisme en portant une même information à toutes les cellules délivrant ce message à son seul récepteur, l’âme. Je comprends alors son double pouvoir lorsque non seulement les cellules olfactives sont contaminées par les effluves mais aussi celle de mon épithélium perméable à la sublime solution. Lorsque l’âme excitée quitte le corps ce dernier semble se mettre à l’arrêt et je me trouve dans une sorte d’état cataleptique. A moins que le fait que je sois en arrêt provoque une rupture et que l’âme excitée par ailleurs s’échappe un instant. Peu importe le sens cependant l’interdépendance entre elle et moi commence à prendre forme d’autant plus que mon esprit s’ouvre et intègre sa présence. Incroyable mes idées sont bien plus limpides et se dirigent toutes vers elle ; le bien-être ressenti en cet instant est surprenant. Elle sait que j’accepte sans la moindre crainte cet hôte singulier et que j’accueille cette espèce de symbiose avec éblouissement. Elle en est heureuse et tout mon corps vibre de sa propre joie. Je ne peux lui adresser la parole, elle n’est pas sensible aux mots mais aux sons. Je tente un mmm mmm mmm de contentement bouche fermée où juste mes cordes vocales vibrent… L’écho de retour est décuplé en un frisson parcourant mon échine. Je souris à l’idée de franchir une étape supplémentaire. Et … Encore une fois, mon esprit dégagé d’un voile obscur entrevoit une nouvelle clarté. C’est magnifique… j’en ai le souffle coupé !!!

L’accès à tous mes souvenirs, de situations, de personnes, de cours appris puis oubliés … tout me revient… Je tente même de réciter ces fameuses formules de géométrie que j’avais tant de mal à retenir. Stupéfiant !!! Tout ce que j’ai vécu jusqu’aux banales conversations ; tout ce que j’ai absorbé le long de mes études, jusqu’aux plus difficiles démonstrations et à ce par cœur imposé par des études de médecine, là maintenant tout est redevenu intelligible. Je ne suis qu’au début de mes surprises… Non seulement je suis maitre de ma propre mémoire mais aussi j’accède à une mémoire qui ne m’appartient pas, une mémoire collective. Je comprends donc la raison de mon attachement au Moyen Orient, à ma passion pour la mythologie, à mon respect envers l’aliment naturel qui est le miel, à mon rêve récurrent Africain, à cette image d’un nazi cisaillant mon visage à coup de cravache. Je m’étonne de ces souvenirs, j’ai beau cherché dans ma famille une personne avec une cicatrice défigurant son visage ou une histoire s’y reportant, je ne trouve aucun souvenir… Une vibration et une nouvelle compréhension… bien évidemment ces souvenirs collectifs ne sont pas familiaux mais ils sont ceux des véhicules précédents de mon âme.

Invraipensable !!! Pourtant, je dois me rendre à l’évidence, dès ma conception, je ne suis pas seule dans mon corps et mon esprit puisque mon âme et moi avons fusionné, alors dois-je me définir comme un singulier pluriel ?
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Une fin singulière

Message  V.V.W le Sam 19 Aoû - 18:28



Ahahahahaha… Je suis prise d’un fou rire inextinguible  ahahahahahah   ahahahahahh
Je recouvre mes esprits…ahahahhahahha Juste ce mot « esprits »  me replonge dans le délice du rire.
Mes abdominaux me crient grâce et j’obtempère. Je souris néanmoins à l’idée de raconter ma singulière plurielle personne à un psychiatre… Me prendrait-il pour une schizophrène ?  Je suis certaine qu’il verrait en moi un dysfonctionnement de la perception sensorielle mais aussi de la pensée.  Bien, je redeviens  légère lorsque je comprends même si mon entendement n’est pas total seulement mon esprit est impatient à effacer les limites imposées par la société humaine pour un nouveau angle de vue bien plus universelle ; certains pourraient assimiler mon désir à la quête du Verbe… Je ris encore ; le Verbe pas vraiment mais la Vibration me parait le mot le plus adéquat.
La situation est cornélienne nous sommes à la fois deux et une et je ne peux pas directement communiquer avec mon « moi intérieur », terme plus politiquement correct que mon âme. Je comprends que le dialogue se joue entre mon âme et son « ange » puis entre ma perception et la compréhension de leur échange.  Etrangement la notion de peur est totalement absente, remplacée par une sérénité extrapoustouflante…  Je me suis toujours sentie un peu décalée avec mes amis plus encline à l’infini et au profond des êtres qu’aux sorties et au superficiel.  Maintenant, je me sens à ma place, sans aucune appréhension,  j’hume ce parfum avant de déposer plusieurs gouttes dans mon cou près de mon artère puis je m’allonge encore une fois.

Si j’avais traité les étapes précédentes  de magie, celle-ci  me laisse le stylo en l’air… Bref je m’endors cependant je reste consciente … il me semble que le froid prend mon corps en otage tandis que je me sens une onde chaude qui s’éloigne lentement jusqu’à la fenêtre ouverte puis qui prend son envol  en direction  du firmament.  Là tout de suite, je pense à ma grand-mère et au surnom qu’elle m’avait donné… Etoile filante… « Mamie, merci … Peut-être que tu savais aussi peut-être que maman sait aussi… Peut-être que toutes les femmes de la lignée savaient … » Je ne tiens pas longtemps ma pensée qui se disloque devant le spectacle des étoiles, des planètes, de ce froid sec. Je m’arrête sur un petit corps glacé pour admirer  le soleil… je ne suis qu’onde pourtant je distingue mon ombre humaine…  je me surprends à penser au cycle des Princes d’Ambre … Cycle voilà un paramètre que j’ai laissé tomber sans le prendre en considération. Et … Nous voici arrivés. L’ange se tient  toujours sur la rive ses ailes sont déployées… elles sont bleues.
J’entends enfin cette sorte de mantra  je suis subjuguée cependant je comprends que le dialogue commence via cet étrange langage des oiseaux.

- Âme ? Je percevais une légère anomalie qui maintenant s’est transformée en une aberrance et cela est juste impossible… Ton lien avec ton véhicule semble s’être renforcé…
- Oui il est vrai que ce link devient plus solide à chaque fois qu’elle se vêt de son parfum. Elle a compris que nous ne faisions qu’un et a ouvert  le tiroir de mes mémoires d’antan. Elle voyage avec moi aussi.
- Oh âme, nous sommes heureux ; tu avais donc fusionné avec une illuminée. Etrange, habituellement les véhicules sont très jeunes lorsqu’ils nous perçoivent. Quel est donc sa qualité qui va se développer maintenant ? La musique ? la peinture ? la danse ? un domaine scientifique ?
- Non, mes sœurs rien de tout cela ; elle ne cherche pas à améliorer une de ses qualités. Elle désire juste comprendre et vivre loin de l’agitation.
- La compréhension ? Ton véhicule est pourtant humain et leur esprit semble s’être étiolé au fil des millénaires.
- Ses vibrations ont pris un pris un peu d’amplitude, le parfum en est la cause.
- Quelle amplitude ? Ton véhicule va –t-il passer dans un monde différent du sien ?
- Non, elle se trouve encore dans son monde mais elle ne le verra plus totalement de la même façon dans quelques temps si elle continue d’utiliser le vecteur.
- Elle est à la lisière de son hiver, bientôt tu nous rejoindras  et enfin tu ne possèderas plus cet ascendant sur nous.
- Quel ascendant ?
- Âme, nous te parlons en ce moment d’égal à égal et tu ne t’en rends pas compte. Cette petite différence ne se peut. Nous sommes la Vibration Suprême celle qui se fond dans tous les mondes, celle qui donne une homogénéité à l’Univers.  Nous sommes le tout et nous nous divisons de manière identique afin de ne jamais créer un déséquilibre. Lorsque tu te refondras en nous alors à la prochaine division, nous posséderons toutes cette différence et celles de nos sœurs qui sont encore dans leur véhicule acquerront une vibration supplémentaire à leur sortie. Le tout reste le tout.
- Mes sœurs, j’attendrai donc ma sortie définitive de ce corps et je reviendrai pour me soulager de cette différence.
- As-tu une idée pour ton prochain véhicule ?
- Bien entendu… Toujours la même envie que nous toutes … couvrir tous les corps de l’Univers et mon prochain est déjà désigné. Je commence à m’évanouir.

Incroyable… je suis toujours statufiée dans mon lit lorsque je me réintègre. Je viens de comprendre tellement … une fois dans mon corps, des larmes d’émerveillement glissent sur mes joues. Fantastique … Le cycle de l’âme … Maintenant j’entrevois celui des hommes et la maxime « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »  prend tout son sens. Je suis incrédule et pourtant je sais… et je pleure devant la compréhension, devant le divin, devant la Vibration Suprême. Tout n’est que cycle… Notre monde est à l’image de l’Univers régit par le cycle…

L’homme naît et fusionne avec le Tout via l’Âme, il se développe dans son monde à sa propre vibration et lorsqu’il meurt, son Âme réintègre le Tout dans sa vibration supérieure tandis que le corps privé de son liquide nourricier vibre encore de manière imperceptible à notre monde, à nos technologies. Le corps enterré, noyé, ou brûlé peu importe d’ailleurs renaît dans un monde aux vibrations inférieures. Dans l’eau ou la terre, les cellules sont absorbées par le monde végétal et se mêlent à lui pour éclore à nouveau. Les cendres quant à elles vibrent selon les principes des minéraux elles se mêleront à lui sous forme de poussière ou s’agglutineront ensemble pour former elles-mêmes un minéral. Lorsque les cellules du monde végétal terminent elles aussi leur cycle elles se fondront avec la terre et les pierres. A leur phase finale, les minéraux deviennent poussières et cette poussière est respirée par les hommes ou absorbée sous forme d’oligoéléments parfois elle s’élève et traverse notre atmosphère …

Trois mondes, trois cycles éternels représentés par trois cercles concentriques interdépendants du cercle de la Vibration Suprême… Le cercle est déterminé par le nombre Pi et son rayon…

Je suis stupéfaite … je retrouve donc ce nombre Pi … La Transcendance… et le rayon n’est –il pas une vibration ?
Je reste un très long moment hésitante à poursuivre sur l’écriture de cette expérience car maintenant je touche au concept de Dieu et mes semblables ne sont pas prêts à admettre ce que je comprends maintenant…

Je souris un instant … Ma quête de compréhension est achevée dans ce monde et je vois plus que je ne devrais… je ris à la pensée de mes réponses aux différents tests demandés par la NASA… ahahahha un sans-faute …. Puisque en cet instant précis, je comprends tous les théorèmes, je me souviens de tout et je sens mon cerveau ouvert pour bien plus que je pourrais réaliser ici… La NASA… Hubble… L’espace… Les autres mondes… Oui je sais maintenant pour quelle raison, ils m’avaient appelée et qu’ils m’ont offert la possibilité de préparer ce parfum…

Je prends le téléphone, j’appelle mon frère nous discutons un long moment. Lorsqu’il raccroche il pleure et moi aussi. Cependant, mon temps est terminé ici et mon âme va devoir bien s’accrocher, elle n’est pas encore dans le Tout.

Je me déshabille… Sous la douche chaude et salvatrice, je revois ma vie sur Terre, mes parents, ma famille, mes amis, mes amants… et surtout ceux que j’aurais aimé rencontrer et qui ne l’ont pas désiré… J’aurais partagé avec eux beaucoup de mes points de vue et certainement cette expérience avec l’un d’entre eux… Peu importe, il est temps. Je me dirige vers la fenêtre ouverte, la nuit est magnifique et je laisse couler tout le parfum sur mon corps… L’onde est si importante que je sens certains de mes organes éclater tandis que d’autres vibrent de manière harmonieuse … Là où je vais, je n’aurais pas besoin de tous ces attributs humains je vibre si fort que je deviens invisible aux hommes et le rayon que je produis s’enfuit par la fenêtre et s’éloigne dans les confins de l’Univers…

Les formes évanescentes sont toujours assises à la table et j’entends dans ma  tête leurs voix…
«  Tu vois, tout s’est bien passé… maintenant nous pouvons dialoguer, tu es chez toi »
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Re: Un singulier bien-être

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